29.10.2009

Un village français, un vrai ?




Mardi dernier je suis arrivée chez papamaman avant de convoler en justes noces, ma mère était en train de regarder la télé, et plus précisément Un village français, la dernière production estampillée série-culture-pour-les-nuls de la télévision française. Le concept, pour ceux qui n'ont pas Télérama (alors que moi, si) : décrire la vie d'un petit village bien d'chez nous dans la cambrousse (vallons boisés, petit ruisseau, chemins de traverse et sangliers) pendant l'Occupation, cette période fascinante que Desproges appelait "l'amitié franco-allemande".

Alors il y a les très, très gentils résistants qui font ça pour l'amour de la patrie. Ceux-là sont jeunes (ou très vieux et barbus), communistes donc rejetés de leur papa (futur collabo-salaud), sont souvent des femmes. Mais - feinte du scénario - il y a aussi les résistants moyens gentils, ceux qui piquent les poules de ma mère Michu, et la mère Michu, elle est pas contente, alors elle va les dénoncer aux Allemands, mais après tout, ils l'avaient peut-être mérité (enfin j'en sais rien, j'ai pas tout regardé non plus). Ceux-là sont en général des résistants qui font ça pour l'amour de la Patrie, comme les autres, sauf qu'ils ne sont pas communistes.

Il y a les méchants collabos, dénonceurs de juifs. La grande majorité du village. Rien à signaler, je vous rappelle que c'est les heures les plus sombres de notre histoire.

Il y a les Justes, surtout des femmes, qui font passer des Juifs en zone libre. En général, ils finissent rarement l'épisode, tombant aux mains des méchants chleuh (cf. infra), dénoncés par les méchants collabos (cf. supra).

Il y a les méchants chleuh, blonds, maigres, en général borgnes (les plus méchants), sadiques patentés, qui passent l'essentiel de leurs journées à torturer du monde. Encore une fois, je n'ai pas regardé tous les épisodes, mais à mon avis, dans le tas, il y a sûrement un gentil chleuh dont va tomber l'une des filles qui s'occupe de faire passer des Juifs en zone libre, et même que ça va faire du dilemme cornélien.

Les autres sont "à l'heure du choix" en se demandant s'il est opportun de virer ou non la domestique juive en l'accusant d'avoir piqué les tickets de pain.

 

Pour tout vous dire, ces fictions sur la Seconde Guerre mondiale, ça me sort par les yeux. Je n'en peux plus de ces reconstitutions à coup de cheveux crantés et de chapeaux en feutre, de bretelles et d'étoiles jaunes. Je n'en peux plus d'entendre répéter que "tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir, mais quand même les Français ont globalement tous été des gros salauds".

Je n'en peux plus de ces putassières scènes de torture, lors desquelles les réalisateurs d'aujourd'hui en rajoutent dans le gore en prenant soin de tout filmer. Plus c'est horrible, mieux c'est : si c'est une femme jeune et jolie, c'est encore mieux. On la verra se faire aisément arracher les ongles, être brûlée au visage par un cigare nazi ou se faire lacérer à coup de verre cassé.

Je n'en peux plus de ce manichéisme mal dissimulé sous l'apparente volonté de montrer des "personnages à la conscience torturée".

Je n'en peux plus de cette manière larmoyante et crétine d'évoquer la Shoah, de présenter les Juifs comme des moutons allant à l'abattoir.

 

Bref, j'ai tenu une demi-heure (faut pas mourir idiot) devant cette débilité télévisuelle et je suis montée pour relire les vieux Pilote de mon père.

 

 

 

21.08.2009

Les gros branleurs du Quai Branly.

 

 

Je n'avais jamais fichu les pieds au musée du Quai Branly jusqu'à hier. Un peu parce que je n'avais jamais trouvé le temps, et beaucoup parce que les fétiches océaniens troglodytes, je m'en fous un peu. Jusqu'à hier, je ne savais pas trop pourquoi, mais heureusement, j'étais accompagnée de ma chère Élise qui a su mettre des mots - comme toujours - sur ce que je ressentais vaguement.

En fait, les statuettes phalliques en bois, les colliers en coquillage, les pagnes en peau de zébu, les paniers en vannerie et les pots en poterie, c'est hyper moche. Les snobs trouvent ça beau mais en fait cela ne fait que réveiller des pulsions. Cela ne fait appel à aucun sens du beau, du sublime. C'est juste là. Et en plus, c'est moche (mais je l'ai déjà dit).

 

Cependant, faut pas mourir idiot. Et puis, avec ma copine Élise, on voulait aller reluquer les pectoraux de Johnny Weissmüller voir l'exposition sur Tarzan, qui se peut visiter en ce mois d'août au Quai Branly.

On se pointe donc sur place et là, franchement, agréable surprise : le jardin, le bâtiment, c'est plutôt réussi. Frais et agréable, avec des petits nanimaux dans les bassins (des piafs, pas des hippopotames, faut pas rêver non plus). Et en plus, comme nous sommes jeunes et belles, on ne paie pas notre entrée. La vie est belle.

 

C'est dans l'exposition que ça se complique et que nous nous énervons progressivement. La raison ? Pour un musée qui se veut "haut de gamme", cette exposition n'est pas une exposition scientifique. Et en plus, c'est assez mauvais, un comble avec un sujet en or pareil.

Pourtant, tout commençait bien. Le sous-titre de l'expo ("Rousseau chez les Waziris") semblait indiquer que le commissaire avait bien pigé l'intérêt de son sujet, à savoir : quelle vision de l'homme, de la nature, du "bon sauvage", transparaît dans ce mythe du XXe siècle ?

Si l'on prend la retape de l'expo sur le site, on lit :

Cette exposition, consacrée à une icône de l’imagerie populaire, propose au public de découvrir les voies de la création du héros, et le décryptage du mythe qu’il incarne.

=> Cette exposition ne permet rien du tout au public. Rien n'est dit ou presque sur Edgar Rice Burroughs, créateur du personnage de Tarzan. On a à peine ses dates et deux-trois considérations banales sur l'histoire d'un gosse dont papa aurait préféré qu'il fît carrière d'ingénieur mais qui se dirigea vers les petis mickeys. Idem, quasiment rien sur ses influences, ou très mal fichu. Le rapport entre l'univers de Kipling (Le Livre de la Jungle) et Tarzan, pourtant évident, est à peine effleuré. Les considérations sur le contexte de la fin du XIXe siècle, sur les colonies, les grandes explorations, sont réduites à quelques phrases banales de l'ordre du "à l'époque, les gens étaient racistes, et pi aussi puritains, d'ailleurs Tarzan et Jane ne sont jamais à poil, et puis alors l'Afrique, ça faisait fantasmer le petit bourgeois londonien". Sans blagues.

 

Si Edgar Rice Burroughs est le père absolu du personnage de Tarzan, tous ceux qui le mirent en scène - dans la bande dessinée, le cinéma, l’affiche, la figurine, le disque, le jeu…- se réfèrent à des imageries et des représentations collectives qui fondent quelques unes des mythologies les plus fortes de notre siècle.

=> Là encore, un certain nombre de documents variés ont été réunis. Planches de BD, éditions en plusieurs langues des livres de Tarzan, films - du muet à Christophe Lambert. L'ennui ? Rien de tout cela n'est daté, mis en perspective, exploité. On a collectionné, rien de plus. Les commentaires des pièces sont rédigés dans le style café du commerce intello alliant périphrase foireuses ("le parfait petit meccano de l'imaginaire colonial" pour "la série de clichés coloniaux habituels") et considérations déplacées : on se souviendra notamment d'un carton consacré à l'épisode où l'on voit Jane sortir nue d'un buisson, aussitôt rhabillée en bikini panthère par la censure des illustrés pour enfants, se terminant sur cette phrase inimitable : "Aujourd'hui, une certaine Sarah Palin semble suivre la même voie de censure". Mais quel rapport, bordel ?

Alors certes, point intéressant de l'exposition, les extraits de films, plutôt rigolos (et puis les pectoraux de Johnny Weissmüller, quoi) et bien choisis. Des comiques, des très sérieux, un avec Christophe Lambert, un avec des vrais animaux, d'autres avec des léopards en peluche et des types déguisés en gorilles, de l'érotisme à deux balles des années 1930, bref, ça vaut son pesant de cacahuètes. Mais de là à en tirer quelque chose d'intéressant...

 

L’exposition parcourt les origines et la nature de Tarzan, en tant que personnage et en tant que mythe (de Saturnin Farandoul, documentaire de 1914, à Greystoke en 1983), et réhabilite le personnage en tant que héros contemporain de défense de la nature.

=> Eh bien non ! Rien ou presque n'est dit sur le personnage de Tarzan, sur son histoire. On ne prend même pas la peine de vous expliquer comment un type blanc a débarqué dans la jungle africaine (le coup de lord et lady Greystoke qui l'ont paumé entre deux lianes, etc).

En revanche, et c'est là le pompon de la débilité politiquement correcte, on nous en fait un héros écolo. Avec des cartons du parcours enfant qui vous expliquent que "comme Tarzan, sois l'ami des bêtes", "comme Tarzan qui se déplace super vite dans la jungle, prends ta trotinette pour lutter contre le réchauffement climatique", "comme Tarzan, protège les ours blanc et ne prends pas l'avion pour aller faire des safaris pour tes vacances".

Comme si l'écologie c'était un truc de héros. N'importe quoi. Bien sûr qu'il y a un côté "écolo" même dans l'oeuvre originelle (sur le mode "science sans conscience n'est que ruine de l'âme"), bien sûr qu'il y a un côté admiratif pour une Afrique pure et fantasmée. N'empêche que Burroughs, s'il critique comme Kipling la société occidentale et coloniale, n'en prend pas moins les Africains pour des crétins - ou des cannibales.

Quand on a peur des mots et des héros du XIXe siècle, on prend Candy comme sujet d'expo, pas Tarzan. Tarzan, c'est le mâle blanc dans toute sa splendeur d'homme occidental : il a beau vivre parmi les singes et être avant tout un modèle de force brute, c'est aussi un modèle de raffinement - il parle aussi l'anglais médiéval, le français, l'allemand et d'autres langues européennes. Rien à voir avec un héros écolo et proche de la nature. D'ailleurs, le mâle blanc qui sauve la jungle, c'est colonial et fââââchiste : il faut donc réhabiliter le personnage, bien sûr ! Quoi de mieux que l'écologie.

 

L'expo se termine enfin en eau de boudin par la pub de Jean-Paul Goude pour le parfum homme de Guerlain (celle avec un beau gosse aux yeux verts qui boit dans un marigot avec un copain léopard puis devient léopard lui-même), un extrait de film avec Marlène Dietrich dans une revue de music-hall déguisée en singe (on ne sait pas ce qu'il fout là cet extrait de film, probablement qu'ils n'ont pas su le caser ailleurs), et par une allégorie de la pureté : une femme africaine allaitant. Bref, du gros n'importe quoi.

 

J'en conclus que le commissaire de l'expo, tout ethnologue connu qu'il est, ne sait pas que l'ethnologie est une science, et qu'il n'est pas interdit d'en faire sérieusement. Ou alors, il le sait mais il est tellement affolé à l'idée de passer pour un gros vilain méchant colonialiste qu'il est prêt à faire dire n'importe quoi à son sujet.

Dans tous les cas, c'est grave.

 

Mais quand même, il y a Johnny Weissmüller.

 

 

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15.08.2009

J'ai enquêté pour vous... 2. le corbeau du Connoly's

 

 

Passage des Patriarches, Paris Ve. Un mystérieux corbeau dénonce les pratiques sexuelles d'honnêtes citoyens. Cela nous renvoie aux heures les plus sombres de notre histoire.

Un cliché accablant.

 

 

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Oui, vous lisez bien - et avec une fautes d'orthographe - Francis se tape des cucurbitacés.



Voilà cinq ans que j'ai commencé à aller boire des pintes avec les copines au Connoly's corner. J'y ai toujours vu ce graffiti, écrit au bic sur les lambris des toilettes. J'en suis toujours autant par terre de rigolade.

Selon toute probabilité, il n'y a pas grand-chose à enquêter, sinon sur les méfaits de l'alcool qui pousse les gens, par frustration littéraire, à inscrire le fond de leur pensée sur les parois.




(Et bon 15 août. J'étais à la messe de ma paroisse à Paris, on a eu droit à la présence de l'évêque auxiliaire et à la lecture intégrale du voeu de Louis XIII - consécration de la France et de la Couronne à la Vierge - et d'ailleurs l'ordonnance est signée Sublet - quand je vous dis qu'il est partout - et le sermon était drôlement chouette, sur la Vierge et sa participation à l'oeuvre du salut, rien chouette je vous dis.)



05.05.2009

Ce que l'Europe doit à l'Islam...

 

 

Parmi les bizarreries des heures les plus sombres de notre histoire (lesquelles couvrent, à mon sens, une vaste période allant de la fin du programme d'entrée aux Chartes - 1815 - à nos jours), il y en a une dont l'idée m'a percutée tout récemment. À savoir le culte du poil sous les bras dans les arts jusqu'à une période récente.

 

Pas besoin de faire un dessin, on sait tous que les femmes dans les arts ont longtemps été complètement dépoilées (dévoilées, aussi, mais ce n'est pas là mon sujet). J'avais d'ailleurs lu une fois qu'un peintre préraphaélite anglais (ça fait beaucoup pour un seul homme) n'avait jamais pu toucher sa femme parce que, le soir de la nuit de noces, il avait été traumatisé par le fait que son épouse fût pourvue d'une pilosité aux endroits que la pudeur et la décence interdit de nommer. Il avait même fini par convaincre sa femme qu'elle devait être atteinte d'une grave maladie, pour être autant poilue. (Et j'ai drôlement rigolé en lisant cette histoire, pour rien vous cacher).

 

Cela dit, sadite bonne femme étant une aristocrate donc n'ayant probablement rien à foutre de ses journées, elle aurait pu passer de temps à autres un après midi chez l'esthéticienne, c'était pas la mer à boire. Surtout depuis que les croisés ont rapporté d'Orient la technique de l'épilation à la cire. Eh ouais, quand on vous dit que l'Europe doit tout à l'Islam, il faut aussi inclure la cire dépilatoire - voilà qui fera plaisir à Luc Ferry et fera rigoler Rémy Brague.

 

Bref, notre ami préraphaélite anglais aurait probablement fait une crise cardiaque en voyant L'Origine du monde de Courbet. Personnellement, je le comprends assez. D'abord, ce tableau, presque autant qu'Ingres, ne fait que me flanquer une certaine nausée. Je connais cela dit des gens qui le trouvent subversif, érotique et excitant. Chacun ses perversions, moi c'est l'épigraphie médiévale.

Courbet, du reste, n'était pas le seul à aimer les poils. Chassériau, par exemple, pare les aisselles de ses nymphes d'un duvet parfaitement visible. Et c'est du dernier mauvais goût, tout de même.

 

 

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Losey nous fait aussi le coup dans son Don Giovanni, où le Don soi-même reluque, dans une scène torride, une adolescente pourvue de la même caractéristique (je trouve au demeurant la scène sublimissime, me faites pas dire ce que j'ai pas dit, non mais ho).

Si.


La preuve en images. Et toc.

 


Nan, parfois, c'est bien d'être progressiste, et de devoir des choses à l'Orient.

 

 

24.04.2009

Vous saviez...

 

(en réponse à Executionner, cf. commentaires sur post précédent)

 

Mircea Eliade, en 1956, écrit une Lettre ouverte à Pablo Picasso :

 

Dans les années où la peinture était systématiquement détruite en URSS et dans les démocraties populaires, vous prêtiez votre nom aux manifestes qui glorifiaient le régime de Staline (...). Votre poids pesait dans la balance et ôtait l'espoir à ceux qui à l'Est ne voulaient pas se soumettre à l'absurde. Personne ne peut dire quelles conséquences aurait pu avoir votre protestation catégorique à tous (...) contre le procès de Rajk par exemple. Si votre appui à la terreur comptait, votre indignation aurait compté aussi (..).

 

 

Cité par Elisabeth du Réau, L'Idée d'Europe au XXe siècle, des mythes aux réalités, Bruxelles, Complexe, rééd. 2008. p. 239-240.

 

 

23.04.2009

Katyn.

 

 

On s'agite, on encense le courage de Wajda, on s'esbaudit de la sortie de ce film - que je verrai demain si je peux.

On s'émerveille de ce qu'il montre - enfin - l'une des atrocités commises par l'Armée rouge pendant la seconde guerre mondiale - ici, en l'occurence, le massacre d'officiers polonais, massacre dont la faute fut rejetée sur les nazis, et enfin reconnu par l'URSS sous Gorbatchev.

On dénonce une diffusion plus que restreinte en criant presque à la censure - cela dit,  treize salles dans toutes la France, c'est peu. Pierre Assouline explique que c'est dû à un problème de distribution - mouais, bof. D'autres crient au complot maçonnico-soviétique, visant à effacer le souvenir de Katyn.

Il paraîtrait que la France est davantage prête à charger l'Allemagne nazie que les bolcheviks. Ce qui n'est pas tout à fait faux, si j'en juge par le nombre de gens que je connais qui persistent à se rouler par terre devant Ernesto Guevara - d'ailleurs, personne ne songe à monter un club des fan de Leonid Brejnev, c'est curieux, à croire que la belle gueule joue pour beaucoup dans la vénération du Che. Ce qui me permet de douter d'autant plus du bien-fondé des convictions des staliniens de tout poil.

Cela dit, depuis mon cours de terminale sur la Seconde guerre mondiale (le programme s'ouvre là-dessus, si ça fait longtemps que vous êtes sorti du lycée), j'ai toujours entendu parler de Katyn, et de l'Armée rouge comme responsable.

Certes, j'étais chez les jésuites, donc sous une influence probablement un peu plus anticommuniste que la moyenne, mais cela me donne à penser que "l'occultation du massacre de Katyn en France par un complot rouge" est un peu une vaste blague. J'ai relu mon bouquin de terminale, Katyn est dedans, pas de problème. À ceux qui de même poussent des cris pour réclamer une révision des manuels scolaires parce qu'on n'y parle pas assez de la colonisation, par exemple, je réponds exactement la même chose : si vous aviez pris votre professeur d'histoire pour autre chose qu'un con radoteur, si vous aviez ouvert votre bouquin plus de deux fois dans l'année, vous n'auriez pas besoin de crier au complot occulte des forces du mal.

 

La vraie raison, ce n'est pas que le complot rouge en France cherche encore à occulter le massacre de Katyn, dont seuls les cons nient la réalité. Et les cons, c'este trop tard pour s'en préoccuper. La vérité, c'est que les Polonais, tout le monde s'en fout. Et que si un film balançant sur l'Armée rouge réjouit le coeur des vieux réacs (moi la première) par sa sortie, l'histoire de la Pologne, on s'en tamponne quand on fait partie des "grandes puissances".

La vérité, c'est que l'histoire de la Pologne est pathétique et que cela n'intéresse personne. La Pologne a toujours voulu jouer dans la cour des grands et nous, les "grands", nous nous sommes contentés de la piétiner joyeusement. Cela a commencé lorsqu'Henri de Valois s'embêtait comme un rat mort à la cour de France (en attendant la mort du grand frère pour lui piquer sa couronne), qu'il s'est fait élire roi de Pologne histoire de rigoler un peu, puis qu'il s'est tiré dare-dare pour rentrer au royaume des lys, parce que régner sur les barbares, ça lui disait moyen.

Au XVIIIe siècle, on s'est juste dit que la Pologne, c'était bien joli mais qu'on pouvait aussi se la partager entre grands. Sous Napoléon, les Polonais ont prêté à l'empereur la belle Marie Walewska en espérant que ça lui donnerait l'idée de rendre l'idépendance à la Pologne, mais bernique. Au XXe siècle, on s'est contentés d'aller y massacrer des juifs, et puis les autres aussi - c'était des Polonais, vous comprenez, on n'en avait rien à foutre. Après les nazis, ils se sont pris les rouges sur la gueule, et on n'a plus trop entendu parler d'eux.

Aujourd'hui, la Pologne a envoyé des contingents en Irak histoire de se faire bien voir et de donner l'impression que la Pologne, c'est chouette. Résultat, ils passent juste pour des cons et on ne se prive pas pour leur dire en haut lieu. Ah, l'Europe démocratique et sa bonne conscience de la justice...

La vérité, c'est que Katyn a intéressé les anciens nazis parce que ça leur permettait de dire "pour une fois, c'est pas nous", et l'Armée rouge, qui disait "ah bah en plus, regardez, ils ont aussi massacré des officiers polonais".

Si "la France des droits de l'homme tarde à reconnaître Katyn" (entendu à la radio ce matin), c'est surtout parce que c'est pas chez nous et que les Polonais, on s'en fout. Nous, on a le mémorial du juif inconnu et la loi Gayssot, on ne peut pas tout faire, n'est-ce pas ?

Le Monde pond une critique (bon, cela dit, si les pages critiques ciné du Monde étaient bonnes, ça se saurait) pour dire que Katyn n'est pas un bon film parce qu'il ne parle pas de la Shoah : eh oui. Les juifs, ça intéresse encore. En revanche, des Polonais, catholiques en plus, c'est tout de suite moins glamour, n'est-ce pas ?

 

Il n'y a pas de complot. Juste une profonde indifférence au sort des autres. La Seconde Guerre mondiale mise à la sauce française contemporaine, c'est la Shoah, les gentils résistants et les méchants vichyssois. Point. Les Polonais, rien à foutre. Bien sûr.

 

Moralité, allez voir Katyn, ça sera toujours ça de pris aux champions du je m'en foutisme.

 

 

 

 

25.03.2009

Y'en a marre.

 

 

Un très bon commentaire d'un des lecteurs du blog d'Alain Juppé, lequel enfonce le clou en disant que Ouin, il a reçu une volée de bois vert (sic) à cause de ses mots sur le pape, alors que hein, bon, quoi. Cher monsieur "de la motte", commentateur anonyme, merci.

 

 

de la motte 23 mars 2009 à 0:23

Monsieur

j’ai été assez surpris et déçu de vos propos sur le Pape. Je pensais qu’ils avaient été tronqués par les médias, comme ceux du pape. Apparemment ce n’est pas le cas.

Je vous fais suivre mon “coup de gueule” envoyé à quelques journaux la semaine dernière, suite aux propos d’un homme politique (pas vous) déclarant “y’en a marre de ce Pape”, et mentionnant le mot “criminel”.

J’aimerais savoir si vous avez lu le texte intégral de la réponse du Pape. Si c’est le cas, partagez-vous l’opinion de cet homme politique, relayée par les pancartes “Pape assassin” sur le parvis de Notre Dame?

J’espère que des hommes politiques continueront à soutenir la liberté d’expression religieuse, respectueuse de sensibilités spirituelles dont nous aurons besoin pour résoudre ensemble les différentes crises que nous traversons.

Y’en a marre.

J’ai entendu mercredi la réaction d’un homme politique français aux propos tenus par le Pape sur le sida en réponse à la question posée par un journaliste. : « y’en a marre de ce Pape… ». Je m’excuse par avance de ne pas être en mesure de retranscrire l’intégralité de l’intervention.

J’ai cherché à comprendre ce qu’avait réellement dit le Pape, et quel était le message derrière les mots. J’ai eu du mal à trouver le texte complet de la réponse du Pape. Je me suis fait mon opinion : Moi aussi « Y’en a marre », mais y’en a marre d’autre chose :

Y’en a marre que les médias, dont internet ne mettent pas en avant le thème central de la visite du Pape, la réconciliation, la justice et la paix en Afrique.
Y’en a marre de ne pas trouver dans les grands quotidiens français (en dehors de la Croix) la déclaration complète.
Y’en a marre des phrases sorties de leur contexte.
Y’en a encore plus marre parce que c’est le fait de tronquer l’information qui enflamme la polémique et peut créer des catastrophes.
Y’en a marre des invectives, des condamnations, des stigmatisations non argumentées.
Y’en a encore plus marre quand les condamnations émanent de personnes qui se prétendent éclairées par la raison.
Y’en a encore plus marre quand ces personnes jugent d’un commun accord avec elles-mêmes que les religions sont antinomiques avec la raison.
Y’en a marre que les médias se limitent à caricaturer.
Y’en a pas marre des caricatures amusantes quand on sent l’humour qui les inspire.
Y’en a marre des caricatures blessantes et inquiétantes parce que l’on sent la fureur qui les inspire.
Y’en a marre des titres racoleurs qui déforment la réalité pour vendre plus.
Y’en a encore plus marre quand c’est à l’initiative de journaux qui sont par ailleurs très réservés sur le capitalisme.
Y’en a marre que l’on pose toujours des questions au Pape ou au clergé sur les préservatifs : on ne pense qu’à cela ?
Y’en a encore plus marre quand c’est pour dire, s’ils ont l’audace de répondre qu’ils n’ont pas droit au chapitre, et qu’il est scandaleux voir illégal qu’ils s’expriment.
Y’en a marre d’entendre que l’Eglise ne fait rien contre le Sida et de voir le contraire.
Y’en a marre de ne voir que les réactions d’une partie de l’opinion d’une partie de l’Occident.
Y’en a marre de voir cette réaction considérée comme la réaction planétaire unanime.
Yen a marre que l’on ne parle pas du sujet de l’humanisation de la sexualité et de son impact sur le sida.
Y’en a marre qu’il soit interdit de penser que les campagnes publicitaires de distribution de préservatifs peuvent contribuer à déshumaniser la sexualité.
Y’en a marre de ces séries de réactions déformant les propos et les messages : ce n’est pas la première fois.
Y’en a marre que l’on rejette une personne qui parle de « renouveler l’homme intérieurement » à une époque où beaucoup concordent sur cette nécessité compte tenu de la crise économique, de la crise écologique, qui touchent d’abord les plus pauvres.

Ceci étant dit, j’espère qu’un débat sincère et respectueux des parties se développera sur ce sujet comme sur d’autres. J’y crois, il faut avoir foi en la raison.

 


20.03.2009

Gouttes d'argent d'orfèvrerie.

 

 

Le temps a laissié son manteau

De vent, de froidure et de pluye,

Et s'est vestu de brouderie,

De soleil luyant, cler et beau.

 

Il n'y a beste, ne oyseau,

Qu'en son jargon ne chante ou crie :

Le temps a laissié son manteau,

de vent, de froidure et de pluie !

Riviere, fontaine et ruisseau

Portent, en livree jolie,

Gouttes d'argent, d'orfaverie,

Chascun s'abille de nouveau :

Le temps a laissié son manteau !

 

 

 

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Charles d'Orléans - place Saint-Pierre de Rome.



 

09.03.2009

La passion selon Saint Agrégatif d'Histoire, 3. Rigoletto.

 

(ouais, les brèves du lundi, ce sera demain, histoire de faire comme si en fait aujourd'hui n'avait pas existé, parce que passer un concours, c'est pas une vie).

 

Merci les copains, merci d'avoir prié le ciel de faire tomber l'épreuve d'histoire moderne (enfin, pas la contemporaine, quoi) en ce jour béni d'épreuve de compo d'histoire du capes.

Youpie.

 

Merci aussi de vos petits mots, textos, mails, encouragements divers.

 

Ah le sujet ? "les minorités religieuses et la défense de leur foi, en Europe, XVIe-XVIIe".

 

Une petite gravure du Théâtre des Cruautés de notre temps, de l'illustre Richard Verstegan, pour vous mettre dans l'ambiance (ci-dessous, des vilains protestants torturent joyeusement des gens, probablement un prêtre catholique, décidément, on savait rigoler à cette époque).

 

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19.02.2009

(interlude révisionnel)

Pour sauver la princesse de Clèves, allez donc faire un tour chez Léopold.

 

Là : http://lesotdelange.blogspot.com/.

 

à bientôt !

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