16.07.2008

Taggons nous les uns les autres

Allez, puisqu'il faut bien faire passer la chaîne, je tagge Raph si elle passe par là et même si son blog n'est pas forcément fait pour ça, Hussard82, l'Amiral Woland (faut bien qu'il s'occupe), Wilo (pour savoir si on lit autre chose que la bio de Luc Alphand en Walpinie), l'ami Baroque et fatigué, l'ami Polydamas rien que pour l'embêter, et les copines de Lyon, avant qu'elles ne partent en vacance. 

ps de 14h49 : le Major Tom se lancera d'ici peu dans la rédaction de ses réponses. Soyez à l'affut.  

  

1) Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Le jour où j'ai réussi à lire des phrases alors que ma mère tenait le livre face à elle, donc à l'envers pour moi.  



2) Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?

Oui-oui, le club des cinq, Robin des bois, les six compagnons, Alice, Langelot, les aventures de Jojo Lapin.

3) Aimez-vous la lecture à haute voix ?

ça dépend : si c'est Luchini, à écouter au théâtre, c'est chouette. Sinon, bof.
 
 

4) Votre conte préféré ?

L'enfant des étoiles, d'Oscar Wilde.


5) La meilleure adaptation d'un roman ou d'une pièce de théâtre ?

Sans problème, le Guépard de Visconti, tiré du roman de Guiseppe Tomasi di Lampedusa.
 
 
6) Apprenez-vous par coeur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?
 
 Oui pour les poèmes et le théâtre (surtout des tirades de Corneille et de Racine). J'ai personnellement beaucoup de mal à retenir de la prose. 
 
 

7) Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?

Pas chez moi, trop petit ! D'autant que les toilettes sont dans la salle de bains, donc l'humidité massacrerait en moins de temps qu'il ne faut pour le dire le papier. Pour une future conservatrice, ça marquerait mal.



8) Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

Actuellement, trois : le programme d'agrégation de l'an prochain (= une bonne douzaine de pavés pour l'été), le nouveau roman d'Anne Perry, le dernier volume des Aventures du capitaine Alatriste, Du sang sur Vienne de Frank Tallis.  

 

9) Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?

Clément Marot, Charles d'Orléans, Heredia. 

 

10) Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Chagrin d'Ecole, Daniel Pennac. Marrant, intéressant, mais trop rapide à lire.  Sinon, le dernier Fred Vargas (Un lieu incertain), parce que je n'ai pas pu m'en décrocher.

Les interminables Vie et opinion de sir Tristram Shandy, gentleman. 

 

11) Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?

Le poche a tout pour plaire : prend moins de place dans la bibliothèque (donc on peut en acheter plus), se range dans un sac à main (du moins un Longchamp, ouais, je suis aussi snob qu'Elise moi), se peut lire d'une main tandis que l'autre soutien la tête (pour ceux qui lisent allongés sur le côté), se peut lire discrètement pendant un cours d'histoire contemporaine.
 
 

12) Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?

Les fiancés de Manzoni, les romans policiers d'Anne Perry, les bouquins du programme d'agreg. Mais là, c'est pour le travail, c'est pas pareil.



13) Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?

Qu'est-ce que c'est que ce questionnaire cochon ? Lecture dans toutes les positions, y compris esquichée entre deux pouffiasses i-podées dans le métro. 
 

14) Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?

Les lectures du programme d'agreg, hélas, oui. Sinon non, j'ai besoin d'une main pour tenir le livre et d'une autre pour tenir ma tête (ou ma tasse de café), cf. supra.


15) Offrez-vous des livres ?

Oui, beaucoup.  Et les gens ont toujours eu l'air content quand ils ont ouvert le paquet. Alors, je continue sans scrupules et sans vergogne.



16) La plus belle dédicace, que ce soit de l'auteur ou de la personne qui vous l'offrit ?

Sur ses Historiettes :"À Camille, avec le regret de ne pas l'avoir connue". Et c'est signé Tallemant des Réaux.



17) Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)


  euh, rien à signaler, mon capitaine.

 

18) Quels sont les auteurs dont vous avez lu les oeuvres intégrales ?

Fred Vargas, Corneille, Joseph Kessel, Agrippa d'Aubigné, Albert Cohen, Zola, Umberto Eco.

 


19) Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?

Comment voyager avec un saumon, d'Umberto Eco.  

 

20) Un livre qui vous a particulièrement ému ? 

L'homme qui rit, de Victor Hugo.


21) Le Livre qui vous a terrifié ?

 Une des aventures de Rouletabille, Le château noir, de Gaston Leroux. J'avais 14 ans et j'ai eu du mal à me remettre du passage dans l'oubliette (y'en a qui s'en rappellent?)

 

22) Le livre qui vous a fait pleurer ?

Quatrevingt-Treize, de Victor Hugo. 

 

23) L'avertissement / l'introduction qui vous a le plus marqué ?

Il ne s'agit pas vraiment d'une introduction, mais puisqu'il faut répondre :

Par moi va-t-on dans la cité dolente, Par moi va-t-on dans l'éternelle douleur, Par moi va-t-on emmi la gent perdue. Justice muit mon souverain auteur, ouvrage suis de divine puissance, et très haute sagesse et prime amour. Nulle chose avant moi ne fut créée, sinon éterne, et je dure éternelle. Vous Qui entrez, laissez toute espérance. Dante, La Divine comédie, chant III, vers 1 à 9 (portes de l'enfer).

 

24) Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?

Le Fromage et les vers, de Carlo Ginzburg.  L'analyse, d'après son livre de raison, de la vie et des pensées (plus ou moins hérétiques) d'un meunier frioulan du XVIe siècle, un des plus fabuleux essais de micro-histoire.

 

25) Décrivez votre bibliothèque.


Il y a la bilbiothèque de travail, où s'empilent les bouquins d'histoire, plus ou moins triés selon le thème et la période. Il y a la bibliothèque pour lire, où s'empilent les bouquins les plus variés, plus ou moins triés selon l'auteur, le genre et la langue. Finalement, c'est plus ou moins un empilement.

 

26) Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?

Des manuels d'histoire médiévale, à la fin de la prépa chartes.

 

27) L'endroit le plus insolite où vous lisez ?

Euh, le Père-Lachaise, c'est considéré comme insolite ?

 

28) Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?

Peut-être Belle du Seigneur, ou la Divine Comédie. On ne sait jamais, autant vérifier le mode d'emploi avant de partir.  
 
 
29) Votre livre d'art préféré ?


Un livre sur les villas palladiennes.

30) La bibliothèque idéale ?


La mienne bien sûr ! Nan mé ho !

 


31) L'incipit qui vous a le plus marquée ?

Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ? Frapperait-il au travers ? L'angoisse lui tordait l'estomac : il connaissait sa propre fermeté, mais n'était capable, en cet instant, que d'y songer avec hébétude, fasciné par ce tas de mousseline blanche qui tombait du plafond sur un corps moins visible qu'une ombre, et d'où sortait seulement ce pied à demi incliné par le sommeil, vivant quand même — de la chair d'homme. Malraux, incipit de La Condition Humaine
 

Dieu seul est grand, mes frères, et dans ces derniers moments surtout où il préside à la mort des rois de la terre. Plus leur gloire et leur puissance ont éclaté, plus, en s'évanouissant alors, elles rendent hommage à sa grandeur suprême. Massillon, incipit de l'oraison funèbre de Louis XIV.  


32 ) La clausule qui vous a le plus marqué ?

Encore et toujours, l'avant-dernier chapitre de l'Abyssin, le moment des retrouvailles d'Alix et de Jean-Baptiste. Je ne résiste pas au plaisir de le citer de nouveau :

 

 Quand ils furent proches à se toucher, ils continuèrent de se regarder gravement. Après tout, ils n'avaient rien accompli d'autre jusque-là, que rendre simplement possible une vraie, une attentive première rencontre. Ce n'était plus la comédie des yeux baissés ou des regards obliques. Libres, ils devaient d'abord se voir, se voir impudiquement, jusqu'au find de leurs âmes, tels qu'ils étaient devenus, plus eux-mêmes que jamais.

Alix leva doucement sa main et l'approcha des lèvres de Jean-Baptiste. Il posa un baiser à l'extrémité de ses doigts. Libres, ils n'avaient plus à dérober leurs plaisirs ni à les amoidrir par la hâte en voulant en accroître la quantité.

Le ciel était plein de gros nuages blancs, cotonneux et sereins. Jean Baptiste laissa tomber son pourpoint sur un rocher, étreignit Alix. Libres, ils n'avaient rien à refuser à leur désir, pourvu qu'ils fussent accordés, et c'est peu de dire qu'ils l'étaient. Ils s'embrassèrent, mêlèrent leurs bouches, leurs caresses, et il n'y a là-dessus rien à dire que ne puissent imaginer ceux qui, à un instant au moins de leur vie, ont été parfaitement heureux.

(...)On retrouve, dans les chroniques de l'Erythrée italienne, au début du XXe siècle, le nom d'un Poncet apothicaire à Asmara. Peut-être s'agit-il d'un des descendants issus des quatre enfants d'Alix et de Jean-Baptiste. Rien ne le contredit, mais rien non plus ne le prouve, car des gens heureux on ne sait pas grand-chose. Ils vivent, voilà tout, et le bonheur leur tient lieu d'histoire.

 

Allez, puisqu'il faut bien faire passer la chaîne, je tagge Raph si elle passe par là et même si son blog n'est pas forcément fait pour ça, Hussard82, l'Amiral Woland (faut bien qu'il s'occupe), Wilo (pour savoir si on lit autre chose que la bio de Luc Alphand en Walpinie), et les copines de Lyon, avant qu'elles ne partent en vacance. 

Commentaires

Cette clausule est très belle, en effet !

Ecrit par : Jean-Baptiste Bourgoin | 16.07.2008

Superbe Massillon !

Ecrit par : Inactuel | 16.07.2008

Et tu tagges qui ensuite ?

Je précise que je suis bien évidemment exclu du taggage... :-)

Ecrit par : Polydamas | 16.07.2008

Je note le Père Lachaise: mieux que Higegatte, posture romantique très parisienne!

Merci!

Ecrit par : Elise | 16.07.2008

Fait... mais pfiou, c'est long comme truc.

Ecrit par : Woland | 17.07.2008

> Elise :

oh là, on sent que tu es en plein sous le charme de JB Adamsberg...


> Polydamas :

Ben voilà, puisque vous faites du mauvais esprit, je vous tagge. Et toc ;-)


> Woland :

merci, je vais aller vous lire sur le champ...

Ecrit par : camille | 17.07.2008

Dés que j'ai quelques minutes, je me joind à vous. J'aime beaucoup ce petit questionnaire. C'est amusant.

Ecrit par : MT | 17.07.2008

Vous insinuez que Rouletabille vous a fait plus peur que Lovecraft? Pourtant je me souviens d'un post ici meme ou vous n'en meniez pas large...

Ecrit par : Woland | 17.07.2008

À l'époque, oui, j'avais eu très peur, j'avais même fait des cauchemars. C'est dire.

Ecrit par : camille | 17.07.2008

C'est fait. Quel boulot !

"Finalement, c'est plus ou moins un empilement."

"Belle" conclusion de dissert' pour tous sujets.

Ecrit par : Baroque | 17.07.2008

Oui, oui, chère Camille, je passe encore par là. Je passe silencieusement presque tous les jours même !!!
Bon, pour les réponses au questionnaire : ça va viendre... mais peut-être pas aujourd'hui.
Bisous.

Ecrit par : Raph | 18.07.2008

Esquichée ? Esquichée ?

Ecrit par : Didier Goux | 18.07.2008

Vous ne connaissez pas le verbe esquicher ? c'est du provençal...

http://www.la-conjugaison.fr/du/verbe/esquicher.php

Ecrit par : camille | 18.07.2008

Merci, merci ... de ne pas m'avoir taggé.

Ecrit par : halio | 18.07.2008

Halio, enfin, si tu continues, je te tagge... mais c'est pas du jeu, tu ne blogues plus. Méchant.

Ecrit par : camille | 18.07.2008

J'adore tes réponses d'historienne qui lit du théâtre !

Ecrit par : Hussard_82 | 21.07.2008

Ah l'incipit de Massillon, dans Si Versailles m'était conté...

Ecrit par : Nathalie | 24.07.2008

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