25.05.2009
Les brèves du lundi, 27.
1. Pffff, grosse déception, la palme d'or de Cannes est encore allée à un raseur qui fait périodiquement dans le porno fait pour choquer tante Agathe, celle qui vit avenue d'Iéna et qui n'a lu que l'Imitation de Jésus-Christ. Putain, mais Haneke, c'est naze, chiant et moche. Si quelqu'un est sur place, allez brûler de ma part le palais du festival, ça me fera du bien.
2. Pendant que des illustres inconnus (si, dans Elle, je ne reconnais plus les gens sur les photos : j'en déduis que le monde du cinéma n'est plus peuplé que d'illustres inconnus, cqfd) se doraient la pilule, on préparait notre mariage. Je n'ai qu'une seule chose à dire, Seigneur, notre curé, il est terrible ! alleluia ! Et nous sommes grave des gens bien. Et toc.
3. Sinon, ça y est ! je l'ai ! je l'ai ! je l'ai ! Non, pas l'iphone troisième génération, mais le raisonnement géographique. Si, c'est la dame qui m'a fait passer la colle de géo sur le système local de production du parfum à Grasse qui l'a dit. À l'oral de géo, je vous mets cinq points à tous. Je suis trop forte pour vous.
4. Et sinon, c'est l'été. Les jupes raccourcissent, certes, mais les universitaires persistent à vouloir conserver leur costume trois pièces même dans les amphis non climatisés. Hélas - pour eux, mais aussi pour nous, malheureux étudiants.
5. Et sinon, les résultats, c'est cette semaine. Ceux qui ne savent pas quoi faire peuvent, à tout hasard, dire un chapelet pour que je sois admissible. Les autres peuvent croiser les doigts très fort.
De toute façon, en géo, je vous prends tous quand vous voulez, je suis trop forte.
Et bonne semaine !




Commentaires
Félicitations pour la colle de géo et pour votre curé. j'espère que tous les préparatifs du mariage se passent bien (à quand les prises de tête sur le plan de table?)
Et je croise les doigts pour les résultats. J'irai faire un tour sur publinet même si je ne connais pas votre nom!
Ecrit par : M* | 25.05.2009
Je mets un cierge pour toué dans la cathédrale d'Amiens, dans la dernière chapelle au fond à droite, celle toute tartouillée par Viollet-le-Duc. Parce que je sais qu'au fond tu aimes bien VLD, Camillette.
Et oui, je bats la campagne picarde où qu'il fait beau et où que je m'esbaudis stagiesquement et néanmoins agrestement.
Ecrit par : D. de Saint-Denis | 25.05.2009
Tous mes voeux
Ecrit par : Philippe Edmond | 25.05.2009
@ D. de Saint-Denis :
Puisque vous êtes à Amiens, pourquoi ne pas demander à l'organiste titulaire de la cathédrale, que je connais (Monsieur G.L.), de jouer quelque chose qui favoriserait Camille ?
Bon, eh puis Camille, j'espère que vous serez admissible, pas comme moi qui n'ai jamais réussi à l'être, même pas sous-a.
Pour la géo, sans façon.
Ecrit par : Télémaque | 25.05.2009
En ce qui me concerne, je ne suis pas sensible à l'univers de Haneke et ne pense pas qu'il ait grand chose à dire sur ce qu'il présente ( c'est-à-dire qu'il en révèle un sens et une authenticité capable d'engendrer une émotion artisitique). Mais il le présente bien et même très bien avec une puissance cinématographique comparable à celle de Fritz Lang (voir de Murnau et Dreyer, mais là je vais un peu loin...) qui est largement plus forte que le cinéma commercial de Eastwood, dont les ficelles sont trop énormes, trop faciles, sinon pour susciter de petits effets de foire sans substance chez les spectateurs formatés. Quelqu'un qui s'y connait un peu en cinéma ne peut pas prendre au sérieux un avis aussi caricatural et vulgaire sur Haneke, surtout quand cet avis vient d'un amateur de Eastwood... mignon en acteur, mais en réalisateur...
Par ailleurs ce genre de post (mais ce n'est qu'une analogie), me fait penser à un article de BHL et Finkielkraut paru contre le réalisateur serbe Emir Kusturica au lendemain de sa palme. Ils n'avaient pas vu le film et ont copieusement craché dessus parce que le réalisateur était serbe.
Ecrit par : Cannibal Soul | 26.05.2009
Je peux dire un chapelet ET croiser les doigts si ça peut vous aider !
Ahhhh... les préparatifs de mariage... Heureusement qu'ils existent car le jour J, tout passe tellement vite... profitez bien de tout, même la prise de tête pour le plan de table constituera un excellent souvenir quand vous fêterez vos noces de diamant !
Et bravo pour la géo, je savais bien que les parfums vous porteraient chance.
Ecrit par : PCR | 26.05.2009
> M* :
Merci ! pour le plan de table, ça ne saurait tarder - mais je vous le raconterai peut-être si ça ne tourne pas non plus au drame ! dans ce cas, vous le lirez dans les journaux :)
> D. de Saint Denis,
Tu es chou ! Cours bien parmi les gargouilles de la cathédrale et salue VLD pour moi, car oui, je l'aime bien. Surtout depuis que nous avons visité Pierrefonds, où il m'est vraiment apparu sympathique !
> Philippe Edmond,
Merci beaucoup !
> Télémaque :
Ah oui, un peu d'orgue dans la cathédrale, c'est très gentil à vous ! on fait comment, on demande "une petite toccata et fugue en ré mineur de Bach, soyez sympa monsieur l'organiste, je connais Monsieur Télémaque, c'est dire".
Pour la géo, oui, sans façon aussi, en fait.
> Cannibal Soul,
J'entends bien, mais je trouve qu'Haneke se fiche du monde. Franchement, La Pianiste, c'était un ramassis d'absurdités et de violences, habillé d'un discours "sur les origines du mal", patati patata, bon prétexte à filmer des scènes de cul ultra-violentes, ou des scènes de torture qui sont légion dans le cinéma. Ce n'est ni nouveau, ni intelligent, juste voyeur et putassier. Même dans Caché, qui pourtant était relativement malin.
Haneke se fout aussi du monde comme metteur en scène, je préfère ne pas revenir sur ce qu'il a commis avec Don Giovanni à l'Opéra de Paris, où il a réussi le tour de force de faire un truc moche et complètement à côté de la plaque.
Au moins, Eastwood prend plaisir à raconter des choses. On s'amuse. Je ne demande pas au cinéma de ne faire que du divertissant, cependant, je lui demande de faire du cinéma. Pas du jeu vidéo réservé aux plus de 18 ans. Oui, les ficelles d'Eastwood sont grosses. N'empêche que ce type a une vraie délicatesse, un sens de la mise en scène, un véritable humour.
Haneke, lui, il montre des garçons à qui on attache les mains aux montants du lit parce que "ohlala, c'est terrible, avant on n'avait pas le droit de se branler chez les protestants". Ben pour du cinéma...
(et sinon, j'apprécie énormément Kusturica).
Mais je vous accorde parfaitement le droit de me dire que je n'y comprends rien.
> PCR :
Chapelet et croisement de doigts ! avec un grand chelem pareil, je vais forcément être admissible, merci :)
Et oui, les parfums, c'était quand même rigolo. Plus que les histoires d'usines en reconversion dans le Pas-de-Calais, finalement.
Ecrit par : camille | 26.05.2009
La question n'est pas de comprendre ou pas, mais de voir chez un réalisateur ce qui produit ou pas une émotion, la manière dont il l'a suscite et si celle-ci a une valeur. Pour Haneke, je pense qu'intrinsèquement les émotions qu'il produit ne valent rien, parce qu'il ne fait que restituer une quotidienneté complètement vide, avec des thèmes très classiques (mais il est à la mesure de son temps). Par contre la manière dont il capte ces banalités est très orginiale dans le caractère implacable de la mise en scène - sans pour autant je vous l'accorde aller au-delà de cette réalité. Ce qu'il filme est effectivement chocquant précisément parce que c'est quotidien, cru et sans artifice. Catherine Breillat est vulgaire dans ce registre parce que tous ses films traitent de la sexualité ouvertement (alors que chez Haneke, ce n'en est qu'une illustration parmi d'autre) et de manière provoquante dans la mesure où le cadre et le contexte est irréel et artificiel (Cf. "Anatomie de l'enfer"). Si l'on veut jouer avec vous au répertoire des choses chocquantes, Eastwood n'est vraiment pas en reste dans ce registre : "Impitoyable" ? une pute violée qui se fait taillader le visage ; "L'homme des hautes plaines"? un viol, un pauvre gars tué à coup de fouet devant le village ; "Pale rider" ? un viol collectif sur un chantier... et Eastwood a filmé cela comme un jeu video moins de 18ans (séquences bien formatées pour passer la censure mais en montrer un petit peu quand même, etc...) contrairement à Haneke. Après je n'ai pas vu son Don Giovanni, mais là l'opéra c'est une manière de faire réellement différente du cinéma.
Mais bon, sur la palme en tant que telle, rassurez-vous, il est loin le temps de "L'arbre au sabot" ou "Sous le soleil de Satan", et je pense que depuis un certain temps Cannes n'a plus vraiment de crédibilité pour décider de la qualité d'un films avec intégrité. Dans ce contexte je vous fais par avance mes excuses si le film se révèle mauvais.
Ecrit par : Cannibal Soul | 26.05.2009
D'accord avec vous, Chère Camille, à propos d'Haneke. Mais il est vrai que je suis un piètre cinéphile...
Ecrit par : Didier Goux | 26.05.2009
> Cannibal Soul,
"parce que c'est quotidien, cru et sans artifice". C'est très exactement ce qui me gonfle chez Haneke. Je ne vais pas au cinéma pour qu'on me rabâche la médiocrité, la violence (même feutrée), le côté glauque de la petite bourgeoisie... Nous l'expérimentons tous les jours, ça suffit.
Quant à Breillat, oui, je trouve cela tout à fait vulgaire et inintéressant. En fait, je m'agace contre ce cinéma qui veut à tout prix faire "quotidien, cru et sans artifice".
Le cinéma, précisément, c'est le contraire de la réalité. C'est de l'art. Pas de la vie quotidienne. De même que je ne crois absolument pas que les photos puissent "révéler la réalité" : il faut vraiment être naïf pour croire qu'une photo ou qu'un film puisse et doive "faire vrai".
L'avantage de Eastwood, par exemple, c'est qu'il ne cherche pas à "faire vrai" : l'effet de distanciation marche à fond dans ses films.
Et moi, je suis sensible, faut pas que ce soit trop violent :). Je pense notamment à une palme d'or récente, Le Vent se Lève, qui m'a franchement fichu le coeur au bord des lèvres (avec les scènes de torture du début, ça commençait bien).
Après, je suis d'accord, Cannes, maintenant, "ça n'est plus ce que c'était". Dans mon très jeune âge, quand on allait voir les cousins cannois (j'ai des attaches provençales), on pouvait se balader dans les rues, voir des stars "en vrai", voir des films comme on voulait, quémander des autographes (j'en ai un de gina lollobrigida, elle était déjà plus très jeune, mais quand même). Maintenant, c'est un défilé de starlettes planquées derrière une armée de paparazzis et de gardes du corps. Et le palmarès... Seigneur, quand je pense qu'Almodovar n'a rien eu cette année, alors que Penelope valait largement autant dans "Etreintes brisées" que Charlotte Gainsbourg dans un (autre) film (chiant) de Lars von Trier...
Hélas, hélas, hélas. Soit dit entre parenthèses, Lars von Trier m'ennuie tout autant que Michael Haneke, un peu pour les mêmes raisons d'ailleurs. Franchement, Dancers in the dark et Dogville, ça n'est pas du cinéma, c'est se moquer du monde. Enfin, encore une fois, je suis probablement trop petite pour comprendre (mode kikoo-lol assumé...)
Si vous voyez bientôt "Le Ruban Blanc", venez me dire ce que vous en avez pensé. Je l'ai personnellement récupéré par des moyens peu avouables (mais pas si malhonnêtes que ça non plus), et je l'ai trouvé encore une fois ennuyeux, et destiné à choquer les mamies du 7e arrondissement parisien. Bof-bof.
> Didier,
Merci du soutien ! Je suis aussi une cinéphile pitoyable, rassurez-vous. Je n'y connais rien, pourtant, j'adorerais être critique : être payée pour aller au cinéma toute la journée...
Ecrit par : camille | 26.05.2009
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