03.09.2008

Faut pas mourir idiot, 2.

Chère Hussard82, comme je te le disais, la confiture en boîtes, ça existe. Si.

 

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Alors vu comme ça, hein, non seulement ça a l'air dégueulasse, mais en plus, ça l'est. Et d'autant plus lorsque c'est un achat fait par erreur.

Il y a toujours un moyen de se consoler. Par exemple, ne point perdre la chose, en la transformant selon le principe de notre bon Lavoisier,
d'où l'expérience d'hier soir : le coulant à la pêche. Bon, coulant, moi j'aurais plutôt dit collant à la pêche, mais bon. Au moins, ça se mangeait.

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13.05.2008

La folie canneloni.

Une fois qu'on faisait les courses en couple (qui a dit que la routine, tout ça ?), alors que j'étais en train d'errer du côté des boîtes de concentré de tomates, Chéri a émergé de nulle part avec une boîte d'épinards à la main. S'ensuit un dialogue époustouflant de romantisme :
moi : " - ah tiens, tu manges des épinards toi ?
lui : ben oui, c'est bon les épinards.
moi : et tu comptes en faire quoi ?
lui : les manger, ben tiens.
moi : les manger comment ?
lui : au beurre, ben tiens."
 
Tout à coup, son visage s'illumine de la joie propre à celui qui vient de trouver l'idée du siècle. Moi, méfiante, je lui demande la raison de son ineffable bonheur. La réponse fuse :
- Et si on faisait des canneloni aux épinards ?
 
(je traduis : tu voudrais pas, ma chérie que j'aime, me faire des canneloni aux épinards comme elle faisait ma maman ? ben voyons). 
 
Comme j'étais d'humeur cuisinière, je l'ai envoyé ni une ni deux me dénicher lesdits canneloni et un pot de ricotta (mon chéri, c'est un pot un peu comme du fromage blanc, ça devrait être pas loin du parmesan dans le rayon frais, tu peux pas te tromper, y'a écrit ricotta dessus).
Et le lendemain soir, j'ai eu la brillante, fameuse et faramineuse idée de faire ces putains d'épinards à la ricotta.
 
Le plus simple dans l'affaire, en gros, c'est de chercher la recette sur Marmiton.org.
Parce qu'après...
 
Bon déjà, tu vires les trucs improbables de la recette. Genre le zeste de citron que t'as jamais, les dés de chorizo des plaines du sud, la pincée de quatre-épices ou de n'importe quelle herbe qui ne se trouve qu'en Syldavie inférieure. 
 
Une fois que t'as fait ton tri, tu te retrouves avec, sur ta table, des oeufs, ta dizaine de canneloni, une casserole pleine d'eau, un saladier, et bien sûr les objets du délit, à savoir le pot de ricotta et la boîte d'épinards.  Et puis du sel et du poivre, celui qu'est dans le pot qui ferme mal, et que chaque fois que tu verses du poivre, tu risques de tout renverser dans le plat - oui, je casse le suspinse, mais c'est ce qui s'est produit.  
 
Tu mets en route ton four, celui qu'a deux positions de cuisson (cru/cramé).
 
Dans ta casserole d'eau que tu mets à bouillir, tu mets la dizaine de canneloni. 
 
Pendant ce temps, comme t'es une fille et que tu sais faire plusieurs choses à la fois, tu touilles dans le saladier un mélange de ricotta, d'épinards et d'oeufs. Me demande pas combien, fais comme moi et mon instrument de haute précision (le pifomètre) ou cherche sur Marmiton.
 
Après, tu sors tes canneloni cuits de la flotte. C'est là que tes ennuis commencent. Parce qu'au départ, un canneloni, c'est mignon tout plein, un tube de pâte tout prêt à être fourré, trop fastoche. Mais en fait, ton tube de pâte, tu dois le farcir une fois qu'il est cuit, tout mou, quand il ne ressemble plus du tout à un tube. 
Donc je te résume : tu dois farcir avec une pâte verdâtre et spongieuse (Chéri passe dans ton dos à ce moment, et demande naïvement si t'as prévu du crapaud écrasé pour ce soir, reste calme, respire, demain est un autre jour) des non-tubes tout mous. J'aime autant te dire que c'est pas gagné. Pourquoi ? Mais parce que
- les tubes tout mous, faut réussir à les ouvrir pour que ça fasse de nouveau des tubes, sinon, la pâte verdâtre, elle va pas aller dedans toute seule, tu vois.
- en général, le canneloni-tube, il est un petit peu déchiré. En général également, t'as pas vu la déchirure, tu continues de farcir le tube, la déchirure s'accroît, et tu te retrouves avec des lambeaux de pâte tâchés de vert. Beuh.  
- note bien qu'il faut trouver un système pour faire tenir le tube debout.
- note qu'il faut aussi trouver un système pour faire tenir le tube debout et droit.
- note qu'il faut encore trouver un système pour faire tenir le tube debout et droit et fermé d'un côté. Ben oui parce que si tu mets la farce d'un côté, et que tu bouches pas l'autre, la farce, elle ressort. C'est ballot hein ?
- note que t'as deux mains pour faire tout ça.  
 
Bref, une fois que t'as épuisé tout ton stock d'injures, normalement, t'as fini de farcir la dizaine de canneloni avec la pâte verdâtre. Comme ça t'énerve, au lieu de saupoudrer délicatement de sel et de poivre, t'y vas trop fort et le pot de poivre s'ouvre sur le plat où tu as délicatement installé tes beaux tubes. Pour camoufler le tout, tu mets par-dessus un bon kilo de fromage râpé, tu ouvres le four, tu y flanques le plat, tu te crames les doigts, tu jures encore un peu et tu va prendre un bain relaxant. 
 
La seule chose qui te consolera, c'est quand Chéri mangera avec appétit - il n'a peut-être pas fait le rapprochement entre la pâte couleur crapaud et la farce des canneloni, remarque. 

18.02.2008

Le grand n'import'nawak culinaire.

Bah, au départ, j'avais prévu de faire une tarte chocolat-blanc framboise.

avec ça :

 

1 pâte à tarte brisée
1 tablette de chocolat blanc GALAK
400g de framboise fraîche
40g de beurre
100ml de lait concentré non sucré GLORIA
2 feuilles de gélatine. 

 

Bah j'avais pas de pâte brisée. J'ai mis de la pâte sablée.

J'avais pas de Galak parce que je suis contre la société de consommation et de marques. j'ai mis du chocolat blanc Monoprix.

J'avais pas de framboise parce qu'on est en février et que je suis pas Crésus. J'ai découpé de jolies tranches de poire.

J'avais du beurre, ça oui.

J'avais pas de lait concentré parce que personne n'a jamais de lait concentré chez soi, faut être vicelard. J'ai mis un yaourt nature, d'autant plus que fallait justement écluser ces putains de yaourts natures avant la date de fin de vie.

J'avais pas de gélatine. Bah j'ai rien mis pour remplacer.  

 

En gros, j'ai fait fondre le chocolat au bain marie, avec le beurre. Ensuite, j'ai touillé avec le yaourt. J'ai mis des zestes de citron du jardin de papa, parce que les citrons du jardin de papa ils sont terribles.

J'ai tout versé sur la pâte à tarte, et puis j'ai mis les poires dans la préparation, et ça a fait schmouik à chaque bout de poire que j'ai enfoncé.

J'ai mis à cuire un certain temps, parce qu'entre temps, j'avais fermé la page de la recette et que j'avais les mains trop dégueulasses pour la retrouver sur internet, donc j'ai pas pu retrouver combien qu'il fallait de temps. Ensuite, j'ai sorti, fait refroidir et puis mis au frigo une heure, ça je m'en souvenais bien.

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 Bah, c'était bien bon quand même, hein.

Moi j'dis, y'a pas besoin de se faire suer à suivre une recette, Pierre Hermé il peut aller se rhabiller.  

07.01.2008

Méchancetés et vacheries culinaires.

... ou comment se montrer odieux avec ses proches.

 

Catégorie " je regarde les autres s'appréter à se délecter d'un mets quelconque, et je leur sors une grosse vacherie destinée à leur en faire passer l'envie" :

 

- Moi à Petite Soeur, qui tient deux litchis (son fruit favori) épluchés à la main : "Oh tiens, des yeux".

- Ex-colloc, cette enflure qui était jaloux de ma merveilleuse compote de rhubarbe et de son délicat vert amande : "Wahou, un gros mollard". 

- Je jette un voile pudique sur les moqueries diverses et variées sur ma soupe à l'oignon et sa consistance blanchâtre, et ne les révèlerai qu'aux plus de 18 ans. Tout d'même, ce blog a une certaine tenue.  

 

Catégorie "je suis complètement méchant et j'assume" :

 

- Moi à ex-colloc à propos de ses bananes flambées : "ah t'as fait ça au whisky, je me disais bien que ça sentait la punaise écrasée". (oeil pour oeil, dent pour dent).

- Chéri à Moi : "Ah oui, ta soupe qui m'a refilé la gastro".

 

 Catégorie "y'a du monde à la maison, profitons-en pour gaffer" : 

 

- Chéri à la cantonade, le soir de mon anniversaire : "hmmmm, celle qui a fait la tarte au chocolat, je l'épouse". (l'a eu de la veine que c'était moi).  

- Moi à Chéri devant  Belle-mère, qui venait de se décarcasser à faire un truc contenant du ketchup  : "ça m'étonnerait  que t'aies foutu du ketchup dans la sauce des avocats la dernière fois, j'ai horreur de ça". (rien que d'y repenser, j'ai toujours vachement honte, ne rigolez pas)

 

... à vous, chers lecteurs. Après avoir confessé mes divers moments de solitude, j'ai un peu envie de rigoler des vôtres.  

05.01.2008

de lotentique.

(Le titre a été choisi en hommage à l'illustre Marcel Pagnol).

 

Parlons bouffe, pour changer un peu.

 

En ce moment, je me goinfre de soupes de légumes parce que voyez-vous ma bonne dame, c'est bon pour la peau, pour la graisse, pour tout. Et ce midi, donc, j'ai tenté une soupe à l'oignon. En gros, ça consiste à faire revenir des oignons émincés dans du beurre, à le couvrir d'eau et de vin blanc, avec un bouillon kub, de laisser les oignons prendre leur bain bouillonnant tranquille, et ensuite de passer tout ça au mixer après y avoir rajouté un tout petit chouia de crème. Au fond de mon mug de soupe, je dispose une bonne cuillère de fromage râpé, et je verse le tout.

 

Une substance blanchâtre, grumeleuse, collante, épaisse.

 

À ce moment-là, n'importe quel mâle de plus de 18 ans (cousin, colloc, Chéri) qui m'a vu procéder à une telle préparation commence à se tenir les côtes en braillant de rire.  

 

 Et comme je suis une femme du monde, je l'ignore superbement. Si on ne peut plus manger authentique en paix, maintenant. 

12.11.2007

Cette fois-ci, c'est pas moi.

L'aut'soir, j'étais grave crevée, alors j'ai réclamé à Chéri qu'il me fasse à bouffer, sans scrupule et sans vergogne. Bam, là, comme ça. Eh ben j'ai pas été déçue. D'abord en entrée, tomates cerises sauce mayonnaise faite maison (et dieu sait que c'est pénible à faire la mayonnaise... moi j'ai résolu le problème assez facilement, vu que j'aime pas la mayonnaise, j'en fais jamais). Ensuite, gratin de courgettes à la bolognaise. On dira ce qu'on voudra, je sais pas trop comment il a fait, mais ça déchirait grave ça race.

et puis y'a eu le dessert. un truc que même dans tes rêves les plus fous, à moins d'avoir un prince charmant comme Chéri (mais permets-moi d'en douter, le seul prince Charmant, il est à moi), t'as jamais osé y penser.

À quoi? à une tarte aux pignons. 

La recette, j'ai pas trop compris comment il avait fait. Je crois qu'il a fait une pâte sablée et qu'ensuite il a touillé du sucre, des oeufs, du beurre (notez sa merveilleuse phrase  : "tu sais, Chérie, si tu manges la moitié de la tarte, t'aura mangé une demi-plaque de beurre". aaaaaaaah, surtout ne le dis pas à mes hanches!). Enfin tu mets des tas de pignons. Et ensuite on s'en fout plein la lampe... jugez plutôt. 

 

 
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ça fond dans la bouche, c'est un délice de sucrerie, c'est délicatement parfumé... merveille des merveilles culinaires... 

10.11.2007

L'humiliation tisanière.

Tiens, fait drôlement froid aujourd'hui... le jour idéal pour se faire une bonne tisane, n'est-ce pas ?

Encore que, la tisane, j'me méfie. Non parce que y'a quelques mois de ça, l'hiver dernier, j'étais grave dans un sale état et alors une copine que j'avais en un jour de disgrâce au téléphone m'a glissé qu'elle avait une recette de tisane pour le bien-être absolu. Ah lui dis-je alors d'un air gourmand, fais péter la recette chère amie.

C'était relativement simple d'aspect, fallait juste dégotter les ingrédients. Trop fastoche, j'allai en faire l'acquisition dans l'après-midi au magasin bio de l'avenue du général Leclerc. Je fis donc l'emplette de divers trucs et les mis à bouillir dans une casserole pleine d'eau dans les proportions suivante : 

30% de Karkadé (hibiscus)
30% de Cynorhodon
25 % de Pommes sechées

10% de bâton de Cannelle (concassée)
5% de Zeste d'Agrume (également séchés)

 Ensuite, suffisait d'attendre que la flotte prenne une jolie couleur et une jolie odeur, et puis hop c'était prêt. Je saisis alors une passoire dans une main (parce que non on mange pas tout les bidules) et ma casserole dans l'autre, et versai le tout. 

 

Si vous avez bien suivi, il me manque une chose : ben oué, j'avais juste oublié de mettre une tasse dessous. 

 

Tout ce bordel pour ça.  

06.09.2007

Quand l'animal surpasse l'homme...

La scène se passe dans un 32 m2... un rat dans sa cage bouffe de la compote Andros avec des morceaux, plus de la soupe de concombre persillée, tandis que sa propriétaire avale piteusement une soupe Knorr en sachet.

 Déchéance absolue. 

02.08.2007

Alors ça...

Comme je vous le disais l'aut'fois, je suis en train de transcrire des devis de fournitures et de constructions de forteresses entre 1631 et 1635. Comme il faut bien se donner du courage, j'écoute en boucle Matador de Garland Jeffreys (rho, si... Take me to the matador, he wille know what it's just for, he will help me with my life ,he will open every door...). C'est trop la fête. Surtout quand on découvre que l'Ebly, ça existait déjà au XVIIe siècle. SI, je vous JURE. Démonstration (Biblioteka narodowa, ms. 3648, f° 54) : 

"Afin que le blé ne se gâte point et ne se germe comme il advient souvent, il le faut passer par de l’eau bouillante puis le faire sécher au four ou au soleil".

Le blé précuit et séché, c'est de l'Ebly. Non mais. Et le premier à avoir fait la promo de l'Ebly dans l'histoire, c'est Sublet de Noyers. 

 Je vous ai jamais dit que ma thèse était passionnante? 

27.07.2007

Du caviar, s'il vous plaît!

Que fait-elle? Elle s'est levée du canapé, abandonnant Chéri à son triste sort. Elle passe la porte de la cuisine et s'approche de moi.D'un air pincé, elle ouvre le frigo. Tord le nez. A une petite moue, qui signifie l'inspiration culinaire lui venir. Elle attrape et range auprès de moi : 
 
- trois aubergines
- un petit pot d'olives noires
- trois gousse d'ail
- la bouteille d'huile d'olive
- le sel, le poivre, le paprika et le cumin.
 
J'attends, frémissant, que sa main se décide à me frôler. À propos, pardonnez-moi, j'ai oublié de me présenter. Je suis un saladier en ferraille, d'une matière indéterminée. Je suis brillant et argenté, parfaitement lisse et rond. J'ai un grand frère, dans lequel elle fait la salade quand elle reçoit des gens à dîner. Sinon, le reste du temps, c'est de moi qu'elle se sert, car je suis amplement suffisant pour ce jeune couple qui m'a adopté il y a quelques mois, par un froid dimanche de décembre.  
 
Malheureusement, ce n'est pas de moi qu'elle se servira aujourd'hui.
 
Elle lave les aubergines, les épluches et les met à bouillir dans la grande casserole noire. Qu'elle est prétentieuse celle-là, toujours à se faire mousser, tout ça parce qu'elle sert de cocotte, en l'absence d'un autocuiseur bien sûr. Parce que sinon, elle est d'une moralité exemplaire. Et puis aussi, elle est arrivée avant moi dans cette maison.
 
 Ah, si, elle va se servir de moi. J'aurai aujourd'hui pour mission de recueillir les gousses d'ail taillées en fins morceaux, ainsi que les olives, à qui elle a fait subir le même sort. Le temps qu'elle termine, et les aubergines ont fini de bouillir. Elle vide l'eau et met les aubergines à sauter dans de l'huile d'olive, avec l'ail émincé et les olives, dans la grande casserole noire, sur feux moyen. Une dizaine de minutes. Elle ajoute du sel, du poivre, une cuillère à soupe de paprika et une autre de cumin. Puis elle me reprend, me regarde d'un air doux, comme pour me préparer à ce qui va suivre : je vais en effet être rempli d'un mélange brûlant, qu'elle va ensuite mixer avec ce grand imbécile de robot moulinex, qui me fait tressauter et résonner horriblement. 
 
Le caviar d'aubergines est prêt.Je ne sais pas encore ce qu'il va devenir : elle pourra peut-être me mettre au frigo, afin qu'une fois refroidi il soit étalé sur des toasts. Je pourrai passer directement à table, ou être vidé en faveur de mon ami le petit plat à gratin (on a été achetés en même temps, et lui aussi avec son grand frère). À  ce moment-là, elle couvrira le caviar d'aubergines de fromage et passera le tout au four. Mais le caviar d'aubergines, il ne se fait jamais sans moi. 

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